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L’IA dans les PME et ETI françaises : une révolution tranquille

Actualité | Publié le 28 août 2025 | Mis à jour le 28 août 2025

Photo illustrative

Si 58% des dirigeants de PME-ETI considèrent que l'intelligence artificielle est un enjeu de survie de l'entreprise, une proportion égale n’a toujours aucune stratégie en la matière. Bpifrance Le Lab analyse, à travers une enquête réalisée auprès de 1200 dirigeant de PME le niveau d’adoption de l’IA par les PME françaises et identifie les principaux freins qui ralentissent sa diffusion.

L'intelligence artificielle s'impose comme un levier majeur de productivité. Selon les économistes, l'IA dynamisera la croissance économique de deux manières principales : en automatisant la production de biens et services, et en révolutionnant la création d'idées nouvelles. Pour la France, l’automatisation de la production par l’IA pourrait augmenter le PIB de 1,3 point par an d’ici à 2034. 

Les résultats de l’enquête Bpifrance Le Lab sur l'IA, réalisée du 15 octobre au 16 décembre 2024, auprès de 1 209 dirigeants de PME (les TPE de moins de 10 salariés ont été exclus de l’étude), dressent un portrait du niveau d’adoption de l’IA par les PME françaises et identifient les principaux freins qui ralentissent sa diffusion. 

Les dirigeants sont à quai mais pas encore à bord

L’IA est une question de survie à 3-5 ans. La majorité (58 %) des dirigeants l’a bien saisi. Pourtant, ils ne sont pas encore passés à l’action.La majorité n’a : 

  • ni stratégie IA pour son entreprise (dans 57 % des cas), 
  • ni pris position quant à l’utilisation des IA libres d’accès (53 %).

Seulement un tiers des PME et ETI ont adopté l’IA, avec, dans la moitié des cas, des solutions gratuites ou prêtes à l’emploi, limitées dans leurs impacts stratégiques. La plupart (94 %) utilise l’IA pour optimiser l'existant, plutôt que pour développer leur activité.

La révolution de l’usage, avec des solutions ad hoc créatrices de valeur, n’a pas encore eu lieu. L’intérêt est là, mais la technologie est encore jeune, les coûts trop élevés, les applications difficiles à cerner.

Une minorité d’irréductibles résiste encore et toujours à la digitalisation, et donc à l’IA

Depuis 2017, selon les chiffres de Bpifrance Le Lab, la proportion d’entreprises ayant amorcé leur transformation digitale a progressé lentement, passant de 72 % à 76 %

Plus alarmant encore, 43 % des PME et ETI n'utilisent toujours pas l'analyse de données pour piloter leur activité. Sans socle digital ni données fiables, ces dirigeants ratent le coche de l’IA, et hypothèquent leur compétitivité future. 

Les dirigeants sont des pionniers solitaires de l’IA dans l’entreprise

Dans 73 % des cas, c’est le dirigeant qui porte le flambeau de cette transformation technologique. Son implication personnelle est déterminante. Le déploiement de l’IA générative dans l’entreprise est d’ailleurs fortement corrélé à son utilisation par le dirigeant lui-même.

Le dirigeant est d’autant plus esseulé dans cette transformation qu’il peut se heurter au manque de soutien de son réseau et de ses collaborateurs. C’est le cas de 39 % des dirigeants, bien qu’une proportion égale (40 %) se sente suffisamment formée à l'IA.

Face à l’IA, des dirigeants inégaux et une fracture technologique qui s’accentue

Face à l’IA, l’étude identifie 4 profils de dirigeants et dirigeantes :

  • Les "Sceptiques" (27 %) sont des dirigeants réfractaires à l'IA, à la tête d’entreprises peu digitalisées, et ne percevant ni l'intérêt ni les applications de cette technologie pour leur activité.
  • Les "Bloqués" (26 %) sont des dirigeants conscients de l'importance de l'IA mais paralysés par un manque de compétences, de formation ou de soutien, les empêchant d'agir.
  • Les "Expérimentateurs" (19 %) sont des dirigeants ouverts à l'IA, encourageants son exploration au sein de leurs équipes, mais limités dans son déploiement à grande échelle par des contraintes financières et un manque d'expertise interne.
  • Les "Innovateurs" (28 %) sont des dirigeants à la tête d'entreprises hautement digitalisées, maîtrisant personnellement les concepts avancés de l'IA, formant activement leurs employés et intégrant l'IA tant dans leurs processus que dans leurs produits.

Ces inégalités soulignent l'urgence d'une stratégie d'accompagnement sur mesure, tenant compte des appétences technologiques de chaque profil de dirigeant, afin que chacun(e) puisse tirer parti de la révolution IA.

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Julien Karachehayas | Tous droits réservés

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