Retour au Magazine du numérique
Facturation électronique : à quelques mois de l’entrée en vigueur de la réforme, où en sont les dirigeants d’entreprise ?
Actualité | Publié le 13 février 2026 | Mis à jour le 13 février 2026
© Kolecto
Le 1er septembre 2026, la première échéance de réforme de la facturation électronique entrera en vigueur. Si le niveau de préparation déclaré par les entreprises a fortement progressé, celles-ci font néanmoins état d'un manque de connaissances sur le sujet. C’est ce que révèle la dernière édition du baromètre national Ipsos bva x Kolecto x Sopra Steria Next.
Depuis trois ans, Kolecto, solution de de gestion dédiée aux TPE PME affiliée au Groupe Crédit Agricole, référencée Activateur France Num, réalise un baromètre annuel sur la facturation électronique. L'objectif de cette étude qui s'appuie sur une enquête menée par téléphone auprès de plus de 500 entreprises de toutes tailles, est de mettre en évidence les tendances sur le niveau d’adhésion, de connaissances, de préparation et des attentes des dirigeant·es d’entreprises vis-à-vis de la réforme de la facturation électronique.
Découvrez les résultats du Baromètre 2025 : enquête sur la facturation électronique, publiés fin 2025 par Ipsos bva x Kolecto x Sopra Steria Next, à quelques mois de l’entrée en vigueur de la première échéance réglementaire de la facturation électronique.
Des entreprises mieux informées, mais encore en quête de clarté
Ce baromètre met en lumière un paradoxe éclairant. Tandis que 72 % des entreprises affirment être « certaines d'être prêtes » pour l'échéance de 2026 (une progression de 13 points par rapport à 2024), leur sentiment d'être correctement informées sur la réforme s'érode .
Ainsi si 73 % des entreprises affirment connaître la réforme elles ne sont que 39 % à estimer en avoir une connaissance précise (+7 % en un an) tandis que 34 % n'en connaît que les grandes lignes.
Une majorité significative d'entreprises (61 %) demeure ainsi confrontée à des zones d'incertitude concernant les modalités pratiques de mise en œuvre. Si cette proportion témoigne d'une amélioration par rapport à l'exercice précédent (68 % en 2024), elle reste préoccupante.
En somme, si les dirigeants d'entreprise français ont bien la réforme de la facturation électronique en visibilité, il reste encore beaucoup d'efforts collectifs à fournir pour leur permettre de se projeter sereinement dans le monde post-1er septembre 2026.
Une adhésion en recul face à la complexité perçue
Au global, les entreprises françaises demeurent favorables à la réforme : 59 % des entreprises la considèrent aujourd’hui comme une « bonne chose ». Mais ce sentiment est en recul de 10 % par rapport à l'an dernier.
L'adhésion varie toutefois selon les secteurs:
- la construction et les services affichent les taux les plus élevés, avec respectivement 58 % et 70 % des entreprises considérant la réforme comme une « bonne chose ».
- l’agriculture et l’industrie affichent les taux d’adhésion les moins élevés (40 % et 34 %).
Ces écarts soulignent combien la pédagogie et l'accompagnement de terrain restent essentiels pour aider les dirigeants à monter en compétence. En témoigne le fort niveau d'adhésion affiché par le secteur des services (70 %), qui résulte notamment du travail de sensibilisation effectué par les acteurs du secteur (éditeurs, experts-comptables, fédérations professionnelles), qui ont su créer des parcours d'information adaptés.
Au-delà du ressenti, les chiffres de la DGFiP, en charge de la mise en place de la facturation électronique, témoignent d'une dynamique bien réelle en faveur de la réforme : plus de 500 000 entreprises ont déjà déclaré, via une plateforme agréée, une adresse de réception de leurs factures électroniques.
Des craintes encore présentes, mais atténuées
Les motifs d’inquiétude liés à la mise en place de la réforme ont reculé de façon notable en 2025. Notamment sur des sujets-clés tels que :
- des bugs ou des problèmes informatiques (ex : incompatibilité des outils comptables) : 64 % en 2025, contre 82 % en 2024 ;
- un manque de préparation des clients et des fournisseurs : 59 % en 2025, contre 76 % en 2024 ;
- des coûts importants de mise en place de la facturation électronique : 55 % en 2025 contre 68 % en 2024.
Cette baisse générale des craintes en 2025 traduit un effet rassurant lié à la préparation opérationnelle, la formation, les tests et la coordination avec leurs partenaires de confiance mobilisés (experts-comptables, banques, administration publique, chambres consulaires, fédérations professionnelles).
Même si les coûts restent une préoccupation notable, les dirigeants de TPE PME ont désormais une meilleure visibilité sur les impacts techniques et opérationnels de la réforme.
Les besoins d’accompagnement : sur quelles dimensions ? avec qui ?
Les attentes en matière d’accompagnement se resserrent sur les acteurs au plus près du quotidien de l’entreprise et portent avant tout sur le choix de la solution de facturation électronique. Plus précisément sur :
- l’intégration avec les systèmes existants (47 %) ;
- la facilité d’utilisation (46 %) ;
- le coût global de la solution (41 %).
Les critères de choix sont pragmatiques, centrés sur l’intégration fluide et la simplicité d’usage, ce qui conforte la nécessité de solutions interconnectées plutôt que disruptives.
En conclusion
À quelques mois de l’entrée en vigueur de la réforme, les entreprises se sentent globalement mieux préparées.
Le fait que l’adhésion pour la facturation électronique recule traduit un besoin persistant de se projeter sur leur futur quotidien opérationnel et d'appréhender les bénéfices concrets de cette réforme.
Les changements doivent être conduits collectivement, avec tous les acteurs de confiance des entreprises : l'expert-comptable, la banque, l’administration publique, les solutions de plateformes agréées. C’est cette mobilisation collective, en écosystème, qui permettra de rendre à ces dirigeants dans l’incertitude, la sérénité nécessaire pour faire face à cette échéance.
A propos de l'étude
Étude réalisée par téléphone, selon la méthode des quotas (taille d’entreprise et secteur) du 7 au 31 juillet 2025 auprès de 509 dirigeants d’entreprise, directeurs administratif et financier, gérants ou personnes en charge de la facturation. Ce rapport a été élaboré dans le respect de la norme internationale ISO 20252 « Etudes de marché, études sociales et d’opinion »
En savoir plus
- Baromètre 2025 : enquête sur la facturation électronique
- Facturation électronique entre entreprises : une obligation et des opportunités pour les TPE PME
- Quelles sont les obligations de votre entreprise en matière de facturation électronique ? Faites le test
- Comment bien choisir sa solution de facturation électronique : critères, pièges à éviter et bonnes pratiques
- L’annuaire de la facturation électronique : pivot de la transmission des factures
Julien Karachehayas | Tous droits réservés