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Les 3 ans de France Num (18 octobre 2021) : résumé des interventions

Actualités
France Num - Jean-Luc Raymond
Licence CC BY-NC-SA 3.0 FR

Pour ses trois ans France Num a réuni, le 18 octobre 2021 à Paris, ses partenaires pour une matinée afin de dresser le bilan et d’envisager les perspectives des actions en faveur de la transformation numérique des TPE/PME. Cet événement, animé par Philippe Bloch, a aussi été l’occasion de présenter les résultats du premier Baromètre France Num. Synthèse des interventions.

Près de 350 personnes étaient présentes : 50 personnes en présentiel et 297 personnes à distance. Plus de 400 messages et questions ont été échangés durant la matinée sur la plateforme de diffusion de l'événement.

 

Les tables rondes :

Quelles actions pour quels résultats ?

Paroles des accompagnateurs et des entreprises

Et après ? Quelles perspectives

 

Quelles actions pour quels résultats ?

Quel est le bilan des actions menées au niveau national ?

Marie-Hélène Feron, Direction générale des entreprises, pôle Transformation numérique des entreprises

L’initiative France Num a démarré en 2018, avec l’objectif de sensibiliser 3,8 millions d’entreprise, donc un enjeu énorme. En 2020, nos objectifs ont été revus, grâce à une étude, confiée à BCG/EY qui nous a permis de resserrer la cible à 1,6 million d’entreprises, selon les besoins des dirigeants [pour aider ceux qui avaient le plus besoin de nous]. Il s’agit aussi d’aller au-delà de la sensibilisation pour leur permettre de passer à l’action.

La crise sanitaire a eu un effet très important au niveau de la prise de conscience des TPE/PME sur le besoin de passer au numérique.

Notre action s’appuie sur deux principaux réseaux, le réseau des 70 partenaires, qui œuvrent déjà de leur côté sur la transformation numérique, mais qui travaillent aussi avec nous. L’autre réseau c’est celui des activateurs : conseillers publics des chambres consulaires, consultants privés, offreurs de solutions numériques…

Dans le cadre du Plan de relance, nous avons bénéficié d’un budget de plus de 100 millions d’euros pour mettre en place des actions directement auprès des entreprises. Les dispositifs mis en place, s’articulent autour de trois axes.

Premier axe, la sensibilisation pour démontrer les bénéfices concrets du numérique pour les entreprises. L’émission de télévision Connecte ta boîte, diffusée sur BFM TV, RMC, de mi-février à mi-avril, a connu beaucoup de succès : plus de 8 millions de téléspectateurs l’ont suivie, dont un tiers qui correspondent vraiment à notre cœur de cible.

Nous avons cofinancé avec des partenaires un MOOC de sensibilisation au numérique développé par l’université de Montpellier, « Ma TPE a rendez-vous avec le numérique ».  Aujourd’hui, il y a une troisième session qui va démarrer. Les personnes qui ont suivi le MOOC sont demandeurs d’une suite, donc nous allons développer un deuxième MOOC.

Un deuxième axe, comment aider les entreprises qui ne savent pas par où commencer.

Les diagnostics. On a travaillé, dans le cadre de conventions, avec CCI et CMA France pour proposer aux petites entreprises de bénéficier d'un diagnostic numérique. Cela permet d’identifier dès le départ la problématique de l’entreprise et de définir ses besoins et de bien l’orienter. 20 000 entreprises ont déjà bénéficié d'un diagnostic de maturité numérique et d'un plan d'actions, sur les 30 000 prévues d’ici 2022. Cela correspond à 4,5 millions dans le budget.

Et troisième axe, comment inciter à passer à l’action et à accélérer.

Avec les accompagnements actions, financés à hauteur de 33 millions d’euros, l’idée c’est de regrouper les entreprises sur un même besoin pour les former massivement. Des consortiums regroupant plusieurs acteurs (sélectionnés par France Num dans le cas d’un appel à projet) vont proposer des formation. 2 appels à projets ont été lancés, un troisième est en cours, qui se finira fin octobre, et s’il reste de l’argent, il y en aura peut-être un quatrième. 30 consortiums ont été retenus. Les problématiques qui ressortent le plus, sont liées à la visibilité sur Internet, la vente en ligne ou les réseaux sociaux. L’offre d’accompagnement sera disponible jusque fin 2023 avec pour objectif de toucher 150 000 entreprises.

Le chèque France Num qui a bénéficié d’un montant de 60 millions a permis de distribuer à 112 000 entreprises un chèque de 500 euros pour les inciter à passer au numérique et par exemple leur permettre d’améliorer leur relation client, de gagner en visibilité ou de vendre en ligne.

Comment s'articulent les actions nationales avec le niveau régional : exemple avec la Région Nouvelle Aquitaine

Anne-Cécile Petit, Région Nouvelle-Aquitaine

Les résultats régionaux sont comparables aux chiffres nationaux. On s’est rendu compte que la maturité digitale de notre notre tissu économique était très faible.

Le fil rouge de la politique régionale c’est comment le numérique transforme l’entreprise, transforme son modèle économique, son outil de production, son pilotage d’activités, son pilotage des ressources humaines, ses relations clients, fournisseurs, dans un monde où le numérique entraîne peu à peu les entreprises dans l’ère de la donnée. Ce sont les fondements de la politique régionale. Et ça s’articule autour de 2 axes, comment on sensibilise et on accompagne les entreprises pour s’embarquer sur cette transformation numérique et comment on soutient les investissements financiers qui en découlent.

Dans le cadre du soutien à l’usine du futur, la première cible ce sont les PME industrielles. Ce programme d’accompagnement comprend désormais un diagnostic transformation numérique global au-delà de la digitalisation et de la robotisation de l’outil de production.

Nous avons aussi mis en place un diagnostic de maturité numérique, pour les PME non industrielles.

Pour les TPE on a déployé un programme d'accompagnement avec les réseaux consulaires, chambre de métier et chambre de commerce, basé sur un diagnostic de maturité numérique et l’élaboration d’un plan d’action. L’objectif est de livrer 1000 diagnostics

Il y a aussi des aides financières, qui offrent un fort effet de levier. Les montants de ces aides représentent 30 à 50 % de l’investissement et peuvent être très élevés, jusqu’à un million d’euros. L’aide moyenne est autour de 50 000 €.

Sous l’effet de la crise, on a créé des nouveaux dispositifs à la fois sous l’angle de l’urgence et de la relance.

Par exemple, lors du second confinement afin d’aider les commerçants, on a pris en compte ce que proposait l’État avec le financement de diagnostics. Cela est venu doper notre propre programme d'accompagnement qui a été orienté sur l’après-diagnostic pour poursuivre l'accompagnement individualisé. La Région a également créé un dispositif financier, le chèque e-commerce, pour abaisser notre seuil d’intervention et cofinancer à 50% des projets entre 5000 et 10 000€ de dépenses.

Les résultats et les perspectives. En 2019, la région Nouvelle Aquitaine a accompagné 120 entreprises en aides directes, pour un montant de 12 millions d’euros. En 2020, c’est 400 entreprises qui ont bénéficié d’un montant de 13 millions d’euros. Et pour 2021, on en est à 900 entreprises pour 15 millions d’euros, dont 750 ont moins de dix salariés.

Ainsi l’entreprise de moins de dix salariés qui ne bénéficiait pas d’aides en 2019 est aujourd’hui la part prépondérante de notre public. On a multiplié par 6 le nombre d’entreprises aidées. Mais on a un tissu de plusieurs dizaines de milliers de TPE. Donc l’enjeu, c’est la massification de cette digitalisation des entreprises, qui pose des questions de moyens budgétaires.

Il convient de poursuivre l’effort de soutien à la transformation numérique des entreprises. La stratégie régionale de porter l’ambition de transformer l’entreprise par le digital ne doit pas être remise en cause. La crise et le temps de l’urgence ont révélé le cruel besoin pour les entreprises de réaliser les premiers investissements mais ces outils ne suffisent pas encore à transformer l’entreprise, son modèle économique, sa relation client... Le digital entraîne un bouleversement profond dans le pilotage de l’activité et dans les compétences à maîtriser. L’investissement des pouvoirs publics s’inscrit dans la durée.

Quel est l’état des lieux de la transformation numérique des TPE/PME, les progrès accomplis ?

Patrick Duchen, Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC)

On voit au travers du Baromètre France Num que la crise sanitaire a fortement renforcé l’intérêt des dirigeants TPE PME pour les outils numériques.

Ce qui est très impressionnant et nous a vraiment frappés c’est la progression des taux d’équipements, que ce soit un site vitrine, un site de vente, des outils d’échange de document, de collaboration entre salariés, outils de référencement, on voit que les taux ont été multipliés par 2 ou 2,5. Presque un doublement.

Sur la vente en ligne on est passé à une proportion de 9 % de ceux qui vendaient en ligne, à 20 %, on a aussi presque doublé.

Il y a de fortes disparités sectorielles. L’hébergement restauration arrive en tête : les entreprises de ce secteur sont 93 % à avoir un site vitrine, 50 % d’entre elles ont un site pour vendre. Et à l’inverse, seulement 9% d’entreprises du  BTP vendent en ligne (vs 27% pour tous les secteurs), et 40% des entreprises du secteur transport logistique  à sont visibles en ligne (vs 8 ?% pour tous les secteurs).

Il y a aussi de fortes disparités par taille : les TPE sont globalement moins équipées que les PME.

Si le confinement a accéléré la prise de conscience des bienfaits du numérique, il y a une crainte qui s’est renforcée, c’est celle de se faire pirater des données. On est passé de 36 % avant la crise à 44 % en 2021.

 

Quelle perception des conseillers sur le terrain : exemple de la Chambre des métiers d’Ile-de-France ?

Stéphanie Harand, Chambre des métiers et de l’artisanat d’Île-de-France, activatrice France Num

Je rejoins ce qui a été dit en terme de chiffres. De manière générale, les entreprises artisanales que j’accompagne en Ile-de-France ont pris le virage du numérique, (notamment suite au confinement). Mais malgré cela, les artisans restent quand même éloignés du numérique et doivent faire face à des freins : manque de temps, manque de moyens financiers, peu de compétences numériques… Alors que 85% des entreprises artisanales n'utilisent pas les jours de formation auxquels ils ont droit...

La CMA IDF propose aux une offre numérique variée : d’abord des actions de sensibilisation avec l’autodiagnostic numérique où l’artisan évalue en moins de dix minutes son niveau numérique. Nous proposons également des webinaires de sensibilisation qui fonctionnent très bien et le MOOC « Ma TPE a RDV avec le numérique ». Ensuite et pour aller plus loin, la CMA IDF propose également des rendez-vous individuels et personnalisés appelés « Diagnostic numérique ». Ces RDV sont très appréciés par les entreprises car ils permettent à l’artisan de savoir quoi faire, de prendre de l’élan et de connaître les outils réellement adaptés à leur entreprise. Cofinancés par l’Etat et la CMA, ces RDV sont gratuits pour l'entreprise.

Nous sommes tiers de confiance. Le rôle du conseiller numérique de la CMA IDF est d’identifier les besoins de l’entreprise et de lui proposer les solutions numériques qui répondent à son besoin et à son secteur d’activité (via le réseau des activateurs France Num par exemple). Un coiffeur n’aura évidemment pas les mêmes besoins qu’un boulanger par exemple. On n’est pas là pour vendre une solution plutôt qu’une autre. Ce côté neutralité, c’est ça qui plaît aussi beaucoup à l’entreprise, Les entreprises que nous accompagnons nous font confiance.

Il y a un besoin de long terme. Les entreprises artisanales qui ont réalisé un diagnostic numérique ou qui ont été accompagnées, souhaitent bénéficier d'un suivi. Car, il ne faut pas oublier que 70% des entreprises artisanales franciliennes n’ont pas de salariés. Le dirigeant est donc souvent seul à tout gérer. Il faut les recontacter régulièrement. C’est un suivi sur le long terme, il ne faut pas les lâcher. Le succès d'une stratégie numérique pour un artisan repose sur un investissement en temps limité mais régulier sur le long terme.

 

Paroles des accompagnateurs et des entreprises

 

Quels nouveaux besoins émergent ?

Pierre Bonis (AFNIC), chef de file de Tous en ligne maintenant

On a beaucoup parlé des besoins numériques des TPE et PME, mais en face, il y a des offreurs, qui sont français, et ça peut être aussi des TPE et PME qui sont sur les territoires. Les activateurs, c’est ça, mais il y a les éditeurs de logiciel, les hébergeurs, etc. Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas travailler avec Facebook, Google, etc., mais il faut aussi faire la transformation numérique en s’appuyant sur le tissu économique français, sinon on recréera de nouvelles dépendances.

C’est intéressant d’associer le circuit court et la numérisation, ça va ensemble aujourd’hui. Le circuit court, c’est le Made in France, qui s’applique aussi au numérique.

Les attentes et besoins des TPE sont extrêmement concrets et extrêmement simples : besoins de liens ou de permanence du lien avec la clientèle. Par exemple pour un maraîcher, on voit ça. Pendant le confinement, des gens allaient à la ferme, car c’était à côté. Là on a des demandes d’agriculteurs qui demandent : comment je fais pour garder ces gens qui venaient chez moi. C’est des besoins numériques très simples et peu coûteux, et ça tombe bien, car l’agriculteur n’a pas forcément beaucoup de temps ni d’argent à dédier à ça.

Le numérique permet la fidélisation et l’amélioration du service rendu au client sans qu’on soit non plus dans quelque chose d’extrêmement complexe ni "high tech". Les outils de numérisation aujourd’hui sont beaucoup plus simples qu’il y a même 5 ou 6 ans. Le passage à l’acte est rendu beaucoup plus évident et intuitif en 2021.

Quel retour d’expérience, quel utilité perçue, quels avis sur le, format des accompagnements (à la fois pour l’accompagnateur et l’entreprise) ? Quel est l’intérêt d’une approche sectorielle ?

Pierre Bonis (AFNIC), chef de file de Tous en ligne maintenant

Tous en ligne maintenant, c’est une initiative issue de la réflexion que nous avons eue avec les pouvoirs publics sur comment passer de la sensibilisation à l’action. La sensibilisation, c’est très important.

Les chiffres du Credoc le montrent bien, une majorité d’entreprises dit : on sait que c’est important, il faut y aller.

Le but du jeu, c’est d’avoir des accompagnements qui regroupent sur une session 10 à 15 entreprises. Les sessions mobilisent les dirigeants 3 heures par semaine sur une durée de 3 semaines, avec du travail à la maison, et des interactions avec les différents entrepreneurs de différents secteurs mais avec à peu près de la même taille, pour que les entreprises entre elles puissent s’entraider On démarre seulement : on est à quelques centaines d’entreprises accompagnées, mais on compte vraiment sur l’effet boule de neige.

Et les professionnels du numérique comme les "agences web" ont compris que plus il y aura d’entreprises numérisées sur le terrain, plus ils vont récupérer du business à moyen terme. Et donc, leurs réseaux (comme le Cinov numérique par exemple) participent à la promotion de l’initiative.

Jean-François Treil (Jour de Marché), chef de file du programme Batigital

Le programme d’accompagnement-actions Batigital (pour bâtiment et digital) est né de 4 entreprises spécialisées dans le secteur du bâtiment, dans l’univers de la communication, du digital et du business pour répondre aux problématiques de transformation numérique des TPE du bâtiment.

Batigital s’appuie sur trois piliers :

  • Le premier est très sectoriel, pour avoir une visibilité immédiate, et se faire connaître des entreprises ;
  • Le deuxième c’est d’avoir des programmes adaptés aux problématiques des professionnels du bâtiment ;
  • Troisième pilier, c’est le présentiel. Mobiliser des artisans du bâtiment en distanciel, c’est compliqué.

Chaque journée regroupe 10 à 12 personnes autour d’un objectif principal.

La visibilité et le business. La réputation de l’artisan aujourd’hui c’est très important. Beaucoup trop ne s’en occupent pas. Et s’ils ont des avis négatifs, et derrière, leur entreprise n’a pas une bonne image.

Une journée de formation Batigital, c’est 4 temps forts :

  • un diagnostic de maturité digitale, pour savoir où ils en sont ;
  • une partie sensibilisation pour présenter les atouts d’une digitalisation locale réussie et l’ensemble des solutions gratuites et payantes pour y parvenir ;
  • troisième temps fort, en fin de matinée, ils choisissent un sujet, par exemple travailler sur un réseau social, gérer les avis positifs ou négatifs.
  • et l’après-midi, on passe à l’action, sur le sujet choisi, le professionnel du bâtiment. A la fin de la journée, il a démarré au moins une chose qu’il pourra poursuivre chez lui avec nos tutos.

On a aussi mis en place une hotline de façon à les mettre en relation avec des experts s’ils rencontrent des difficultés.

Il y a 2 accompagnements par entreprise c’est très bien. Et s’ils veulent aller plus loin, on leur propose d’autres sessions.

Pour l’entreprise tout est gratuit. La formation financée grâce à la subvention de l’État et le reste des frais est pris en charge par les partenaires et les industriels.

 

Thierry Gohier, Matnor, partenaire du programme Batigital

Pour les adhérents Matnor, quand il y a eu la crise du Covid, c’était : on a le droit d’ouvrir, mais on doit modifier nos horaires, notre mode de distribution, passer au click&collect, et on ne savait pas par quel bout le prendre. Certains avaient un site Internet, et pouvaient le mettre à jour, mais ce n’était pas un site de distribution mais un site vitrine. Et il fallait mettre à jour les pages Google My business, et on ne savait pas comment s’y prendre.

On a des retours très positifs des sessions Batigital. Les adhérents savent faire au moins une chose en repartant. En sortant de la formation, le soir, ils savent par exemple gérer leur page Google my business, ils ont mis en place un réseau social.

 

Frédéric Andrès, Atelier Saint Martin - Ferronnerie d'Art - Métallerie

Le numérique c’est inimaginable. Moi, quand Philippe Bloch (qui anime l’émission Connecte ta boite) est venu avec Sanaa et Mickael, dans mon atelier de ferronnerie traditionnelle à la française, le numérique était loin.

Ce qui est important c’est de faire le lien entre le savoir-faire et le numérique.

Le numérique, qu’est-ce qu’il peut apporter ? Les jeunes qui cherchent un emploi, tapent sur Internet pour trouver une entreprise. Ils vont voir ce qu’a fait l’entreprise. Dans Google aussi il y a les avis, il y a des bons, des moins bons. Le numérique permet de mettre en avant le savoir-faire. J’ai des jeunes qui sont venus car ils m’ont vu sur BFM TV. Car ils ont vu Connecte ta boîte.

Nous on est trois, le numérique, c’est la quatrième personne. Il nous aide pour la comptabilité, la gestion, pour dessiner et pour communiquer. Les artisans sont souvent seuls, il est pris par de nombreuses tâches : voir les clients, faire les devis, aller sur les chantiers, tenir la comptabilité... Avant j’emmenais mes factures à Annemasse en voiture, maintenant je le fais en ligne.

Le numérique ne peut pas résoudre toutes les difficultés, mais il c’est un pilier, un outil. C’est ce que j’ai pu constater depuis 9 mois que j’ai démarré ma numérisation.

 

Et après ? Quelles perspectives

Quels sont les défis à relever pour les partenaires et les activateurs de France Num pour poursuivre l’accompagnement des TPE/PME ?

Aurélien Palix,  Direction générale des entreprises, sous-directeur Réseaux et usages numériques

Le baromètre France Num est important pour comprendre les besoins des entreprises pour orienter notre action. Il y a une numérisation très rapide des TPE PME. Mais, il existe de nombreux freins : manque de prévisibilité sur le retour sur investissement, manque de temps, etc... Et surtout la préoccupation croissante pour les enjeux cyber qui a beaucoup augmenté.

Les dispositifs d’urgence mis en place pendant la crise ont vraiment aidé les entreprises à se numériser rapidement. Désormais il faut inscrire cette transformation dans une stratégie plus globale, de long terme. Il faut accompagner les entreprises pour les aider à comprendre que le numérique est au service de leur productivité et de leur compétitivité.

Pour aider les TPE et PME à inscrire leur digitalisation dans la durée, nous avons financés les diagnostics numériques réalisés par les CCI et les CMA dans une logique en deux temps. En sortie du diagnostic, ils font l’état des lieux, ils voient les plans d’action éventuels. Les formations actions vont aussi dans ce sens. Elles permettent de faciliter la mise en œuvre de la TPE. Par la suite, il faut aussi retourner les voir pour savoir s’ils ont mis en place des actions, quelles difficultés ils ont rencontrés…

Ces dispositifs aident les entreprises à réfléchir cette transition numérique non plus dans une hâte, pour continuer leur activité, mais pour envisager comment cela peut les aider sur le plus long terme. Cela permet de pérenniser l’investissement déjà consenti.

Au-delà des actions engagées, il va falloir renforcer le collectif autour de France Num avec les partenaires, notamment avec les Régions, par exemple afin de mieux articuler les dispositifs entre eux.
Et il parait aussi important de mieux animer le réseau des activateurs, typiquement en essayant de faire en sorte que les échanges soient plus fluides, et pour qu’ils connaissent mieux les dispositifs.

Il pourrait aussi être intéressant de mieux travailler avec les dispositifs d’inclusion numérique qui existent, pour clarifier le continuum de propositions faites aux entrepreneurs éloignés du numérique.

Et on continue notre travail de sensibilisation. Ainsi, il y aura bien une deuxième saison de Connecte ta boîte.

Alain Assouline CPME, Cinov Numérique, chef d’entreprise

A propos de la question de la pérennisation, quand on regarde toutes les études faites, ce baromètre, mais aussi la récente étude faite par la région des Hauts-de-France, les CCI et l'Etat sur la transformation numérique, on constate qu’elles sont surtout centrées sur les problématiques web : c’est-à-dire, on est encore dans le numérique pour parler haut et fort, pour vendre, pour être visible. Et la question qui va être de plus en plus posée, c’est comment on utilise le numérique, pour mieux gérer. Et je pense qu’il y a un pas maintenant qu’il va falloir faire, c’est de voir comment on peut utiliser les données pour mieux produire, mieux comprendre les besoins des clients.

Comment on passe du web aux données va être quelque chose qui va être important. Par exemple ; la caisse enregistreuse, c’est une mine d’or pour une petite entreprise.

On l’a vu d’ailleurs, dans le premier épisode de Connecte ta boite. J’ai trouvé super ce reportage sur le boulanger, pâtissier qui utilise sa caisse enregistreuse. Chaque caisse enregistreuse, il y a des logiciels qui permettent de savoir combien vous avez vendu de croissants, à quelle heure etc., et qui permettent de moduler la production, et de faire que vous ayez le bon produit au bon moment.

Autre exemple : pour les entreprises du bâtiment quels sont les apports du  numérique sur ces métiers ? Par exemple la découpe laser, les outils numériques pour augmenter le geste de l’artisan, les solutions qui permettent d’avoir sur un chantier une vue du plan en 3D, les solutions de communication pour tous échanger en temps réel sur ce qui se passe sur un chantier.

Cette transformation numérique des métiers constitue un enjeu de formation considérable.

 

Chloé Bodart, fondatrice d’une agence de communication digitale et Activatrice France Num

Le chemin vers la numérisation des TPE et PME est bien amorcé. La crise a fait prendre conscience aux entreprises que l’enjeu du digital n’est plus une option. Elles se sont globalement toutes équipées. Mais la vraie question est de savoir si elles l’ont fait dans l’urgence ou de façon pro-active avec une vision à long terme. Le défi est d’accompagner les entreprises pour qu’elles disposent d’outils performants en tout temps, crise ou pas.

Dans mon agence, j’ai des clients qui viennent me voir et qui me disent : "j’ai un site web, mais je ne comprends pas, ça ne me ramène rien". Il est assez simple d’acheter un nom de domaine, de poser une image et trois textes, ça fait le job, on a un site web. Mais est-ce que ça en fait pour autant un véritable outil business qui génère du contact et de la vente ? Ce n’est pas si certain.

En tant qu’activateur, nous avons un devoir d'accompagnement et de sensibilisation. Car pour beaucoup de TPE et PME, le numérique est encore un monde complètement étranger. Et c’est normal, ce n’est pas leur métier. Donc, notre devoir c’est avant tout de les éclairer pour qu’elles puissent avoir une vision globale des possibilités offertes et des outils à disposition.

Le défi aujourd’hui, ce n’est plus de sensibiliser les entreprises, mais de les accompagner vers leur réussite digitale.

 

Quelles sont les données sensibles à protéger chez les TPE/PME ? Qu’est-ce que l’Etat fait et peut faire pour aider les TPE/PME à se protéger des risques Cyber ?

Aurélien Palix,  Direction générale des entreprises, sous-directeur Réseaux et usages numériques

Sur l’aspect cyber, l’appel à projet formations-actions en cours en fait une priorité. Des formations devraient donc être prochainement proposées dans ce cadre aux TPE et PME afin de diffuser les bonnes pratiques cyber. Nous avons aussi réalisé à l’occasion des annonces de la stratégie cyber, un guide avec des fiches pratiques qui leur est destiné. Il faut qu’on continue à le promouvoir.

Il faut aussi que nous réfléchissions à mieux accompagner les activateurs sur ce sujet, pourquoi pas en leur proposant de nouvelles offres de service, notamment sur le sujet cyber, avec par exemple des webinaires thématiques.

 

Alain Assouline CPME, Cinov Numérique, chef d’entreprise

A propos des questions de cybersécurité, je pense que c’est un sujet crucial pour Cinov numérique et la CPME sur lequel on a beaucoup travaillé avec Cyber malveillance. Les attaques ont augmenté de 400 % en 2020. Si on ne traite pas cette question, on ne va pas réussir la transformation numérique.

 

Jérôme Notin Groupement d'Intérêt Public (GIP), ACYMA, Cybermalveillance.gouv.fr

Cybermalveillance.gouv.fr est une plateforme ouverte depuis 2017. Ça permet quoi ? Quand on est un particulier, une entreprise, une collectivité, qu’on est l’objet d’une cyberattaque, et qu’on ne sait pas la qualifier, ça permet de faire un diagnostic, un parcours victime. Et en quelques clics, on va identifier la cyber malveillance que la victime rencontre. Nous allons aussi l’aider a trouver les premiers conseils, et surtout nous allons lui proposer de la mettre en relation avec des prestataires de proximité, experts en cybersécurité. On en a 1200 aujourd’hui. Et ils vont aider la victime à résoudre sa problématique.

Nous faisons aussi de la sensibilisation. Par exemple pour aider les entreprises à mettre en place le télétravail.

Les entreprises doivent se faire accompagner : il y a les accompagnements action et il y a aussi les activateurs sur les territoires.

Le label expert cyber qu’on a lancé en février de cette année, a permis d’identifier les entreprises en capacité d’aider les petites structures à sécuriser leur système d’information. Aujourd’hui, ce sont 135 prestataires qui sont présents dans les régions. Le label a permis de s’assurer de leur capacité d’accompagnement à la sécurisation.

 

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